En classe de Seconde, on apprend ce qu’est la Révolution Française. Comment et quand a-t-elle eu lieu…mais pour certains élèves elle se résume à une multitude de dates à apprendre par coeur. Afin d’expliciter au mieux cet évènement primordial pour l’Humanité et les droits de l’ Homme, le pôle de formation la Ville Davy a accueilli Mona Ozouf, écrivain, philosophe et spécialiste de la question, pour témoigner devant les jeunes. Avant d’aborder la question de l’Histoire et de l’Identité Française, Mona Ozouf a expliqué son parcours, cette "série de hasards", qui l’a mené à l’écriture.
Fille de Yann Sohier , grande figure du militantisme breton , mort en 1934 , elle se retrouve , à 4 ans , à l’école de Plouha entourée d’une mère institutrice et d’une grand-mère parlant breton et portant la coiffe . Son moyen d’évasion ? La lecture, l’apprentissage des lettres. Pour elle, "l’école était une véritable bénédiction", difficile à faire croire aujourd’hui à nos élèves. Mais, cette école qui comptait tant pour elle, devint peu à peu un lieu de conflit entre ses valeurs et sa langue maternelle, le Breton que l’école Républicaine refusait d’intégrer .
Une rencontre changea sa vie. Après ce tiraillement culturel, c’est au collège à Saint Brieuc que Mona Ozouf rencontra Louis Guilloux (célèbre écrivain briochin , “Le pain des réves” , “Le sang noir”). Ces échanges ont modifié sa perception de la littérature et développé son goût pour l’écriture. C’est seulement en 1962, qu’elle atteint "son himalaya" en publiant son premier ouvrage "L’Ecole, l’Eglise et la République". Cet ouvrage fût le premier d’une longue série. Par son vécu, elle se spécialisa dans "la plus grande entreprise d’uniformisation : la Révolution Française".
Pour finir cet entretien, un échange réel entre les jeunes et l’écrivain a eu lieu. Ils ont souhaité revenir sur le passé de Mona Ozouf, sur son appartenance. Ils lui ont demandé si elle se sentait plutôt bretonne ou française ? A cette question, l’écrivain a répondu qu’une identité est un ensemble d’appartenances. Elle revendique à la fois une forte appartenance à la Bretagne et à sa culture tout en étant attachée à son identité de Française et d’Européenne . A ses yeux, "l’identité est un feuilleté de plusieurs identités".
